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PMA au Gabon, une révolution silencieuse

PMA au Gabon, une révolution silencieuse

Il y a des silences qui pèsent lourd. Celui d'une chambre sans berceau. Celui d'une femme qui rentre d'une énième consultation médicale, les mains vides et le cœur brisé. Au Gabon, des milliers de couples ont vécu et vivent encore cette attente cruelle, ce désir d'enfant qui se heurte au mur de l'infertilité.

Pendant trop longtemps, ce mur semblait infranchissable ici. La procréation médicalement assistée, cette constellation de techniques qui permettent à la science de tendre la main là où la nature hésite, n'existait tout simplement pas sur le territoire national. La fécondation in vitro, l'insémination artificielle : des mots que l'on prononce encore à voix basse, comme des espoirs sous d'autre cieux. Partir ou renoncer. Tel était le choix imposé à ceux qui voulaient se battre. Et beaucoup ont renoncé non par manque de désir, mais par manque de moyens.

Puis sont venus ceux qui ont refusé l'évidence. Des médecins, des cliniques, des femmes et des hommes de conviction qui ont décidé qu'il était temps que le Gabon offre à ses enfants… la possibilité d'exister.

Le secteur privé a ouvert la voie, avec la discrétion courageuse des précurseurs. La clinique Ada s'est illustrée parmi les premières à proposer une prise en charge locale, bientôt rejointe par d'autres établissements comme la clinique SOS Médecins à Libreville. Nous nous sommes rendus sur place. Dans les couloirs de ces structures, nous avons rencontré le Dr Dembélé Badian, gynécologue-obstétricien, dont les mots disent autant de science que d'humanité. Il nous a expliqué, avec précision et douceur, les indications médicales de la PMA, ses conditions d'accès et les espoirs qu'elle porte.

Mais c'est en avril 2022 que l'histoire bascule vraiment. L'inauguration de la première unité publique de fécondation in vitro au Centre Hospitalier Universitaire Mère-Enfant Jeanne Ebori (CHUMEJE) à Libreville n'est pas simplement une avancée médicale. C'est une promesse faite à tout un peuple.

Sous la direction du Dr Jean-François Meyé, cette unité n'est pas qu'un équipement. C'est un symbole : celui d'un pays qui regarde ses citoyens dans les yeux et leur dit : « Vous méritez de vous battre pour la vie ici, chez vous. »

Et les résultats ont suivi. Des naissances. Des cris de bébé là où il n'y avait que des larmes. Des familles qui se construisent, enfin.

Aujourd'hui, autour du Dr Meyé, d'autres voix se joignent à ce combat. Des spécialistes comme Gertrude Youngui contribuent chaque jour à renforcer cette offre de soins, à démocratiser l'accès à ces techniques, à faire du CHUMEJE un véritable phare dans le paysage médical gabonais.

La PMA au Gabon ne s'est pas construite en un jour. Elle s'est bâtie dans les doutes, dans les premières tentatives hésitantes, dans l'obstination de quelques-uns qui croyaient que chaque couple méritait une chance. Elle continue de grandir, portée par la science, certes, mais surtout par une conviction profonde : le désir d'enfant est universel, et il ne devrait connaître ni frontières géographiques ni inégalités de soin.

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