Entre cadre juridique limité et volonté de préserver l'équilibre des enfants, certains parents choisissent d'organiser eux-mêmes la présence des deux parents dans leur vie.
Au Gabon, la garde partagée n'est pas explicitement prévue par le Code civil, qui privilégie le droit de visite et d'hébergement. En cas de séparation judiciaire, la garde est le plus souvent confiée à un parent, généralement la mère dans les premières années, tandis que l'autre bénéficie de visites régulières.
Malgré cela, certains parents privilégient l'entente pour maintenir un équilibre familial.
Pour un père ayant souhaité rester anonyme, la séparation est une épreuve profonde. « C'est un déchirement. Je ne souhaite à aucun parent de vivre loin de ses enfants », confie-t-il. Les décisions ont été prises à l'amiable afin de préserver leur bien-être. « Le plus difficile est de rentrer sans les câlins de mes enfants. » Pour lui, chaque moment partagé devient précieux et la communication entre parents reste essentielle pour maintenir une certaine stabilité.
De son côté, une mère témoigne d'un parcours plus complexe. Bien que la justice lui ait confié la garde légale, elle a choisi de maintenir une garde partagée. « C'était un choix moral. Mes enfants ont besoin de leurs deux parents. » Si la séparation l'a libérée d'une relation toxique, elle souligne la difficulté de réorganiser la vie familiale.
L'organisation reste exigeante, notamment avec l'évolution des situations personnelles. La communication est parfois limitée, mais elle s'efforce de rassurer ses enfants : « Je leur rappelle que la séparation n'est pas un abandon. » Après une période d'adaptation, elle observe chez eux une plus grande maturité.
Pour ces deux parents, une conviction demeure : l'intérêt de l'enfant doit primer. « Il faut savoir faire passer leur bien-être avant son ego », insiste le père.
Au-delà des lois et des décisions de justice, la garde partagée reste avant tout une question de responsabilité parentale. Car lorsque le couple se sépare, une chose demeure : pour un enfant, ses deux parents restent irremplaçables.